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Des jeunes professionnels échangent sur les systèmes de production et de commercialisation de produits animaux dans les pays en développement

La semaine dernière, je représentais l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) pour donner un cours sur les systèmes de production animale et les marchés de produits animaux dans les pays en développement au Mastère européen en gestion animale Eurama de l’INP Toulouse Purpan. En effet, je viens juste de rejoindre l’Unité – Demande et institutions en évolution de l’ILRI. J’étais particulièrement enchanté que ma deuxième mission pour l’ILRI soit si clairement centrée sur la jeunesse : un jeune professionnel développant les connaissances d’autres jeunes professionnels pour la recherche agronomique pour le développement.  Le cursus d’Eurama est dispensé entièrement en anglais ; il est basé principalement sur un travail de groupe, des études de cas, des visites de terrains et des cours donnés par des experts extérieurs. Les élèves sont des jeunes ayant déjà obtenu un premier diplôme ainsi que des personnes ayant déjà quelques années d’expérience professionnelle en production animale. Le cours a pour objectif d’enseigner les dernières innovations en matière de gestion moderne des systèmes d’élevage. C’était la première fois depuis sept ans que le Mastère existe qu’un cours était donné sur la situation de la production et des marchés des produits d’élevage dans les pays en développement. Je pense que c’était très pertinent car les deux-tiers des élèves de la classe provenaient de pays européens industrialisés. J’espère que mon cours leur aura permis d’être plus au fait des enjeux principaux auxquels les systèmes d’élevage des pays en développement doivent faire face et comment les systèmes de production plus industrialisés de leur partie du monde peuvent impacter sur la production et les marchés dans les pays en développement.  L’insertion de problématiques des pays en développement dans ce cours était également pertinente car le dernier tiers des élèves provenaient de ces pays : Bangladesh, Brésil, Chine, Ghana, Nigéria, les Philippines, parmi d’autres. J’espère que cette thématique de cours leur aura permis de partager les connaissances qu’ils avaient de ces systèmes avec leurs camarades européens lors de la préparation du cours et pendant les discussions très animées ce jour-là.  J’ai choisi une méthode d’enseignement basée sur des études de cas des principaux enjeux des systèmes de production animale et des marchés de produits animaux dans les pays en développement. J’ai divisé les élèves en plusieurs groupes et chaque groupe devait lire un article scientifique centré sur un de ces grands enjeux. Les élèves devaient ensuite préparer une présentation de 15 minutes pour le reste du groupe ; la présentation devait résumer l’article, présenter l’analyse des élèves sur ses résultats et proposer des recommandations pour la suite. Afin de les placer dans une situation d’entreprise ou de conseil, le reste des élèves jouait le rôle d’un comité exécutif d’entreprise ou de comité décisionnel d’une organisation internationale ; ces comités devaient discuter la présentation des élèves et prendre une décision stratégique au vu de leurs conclusions. Nous avons couvert un large éventail de thèmes reliés aux systèmes de production animale et aux marchés dans les pays en développement : les impacts de l’élevage sur les moyens de subsistance des petits agriculteurs ; le changement climatique ; les interactions entre alimentation animale, alimentation humaine et agro-carburants ; la santé animale et son impact sur le commerce international de produits animaux ; la gestion des filières de produits animaux ; les normes de qualité et de sécurité sanitaire, etc.  A la fin de la journée, les étudiants m’ont dit qu’ils avaient apprécié la mise en situation que permettait la méthode d’enseignement autour des études de cas et qu’ils avaient appris beaucoup de choses. Le coordinateur du mastère m’a déjà invité à revenir l’année prochaine. J’espère pouvoir renouveler cette expérience. J’ai été impressionné par les élèves qui pouvaient déjà faire des propositions très pertinentes pour une nouvelle stratégie d’entreprise ou pour des politiques publiques de développement de systèmes de production animale ou de marchés de produits animaux dans un contexte de pays en développement.  A noter qu’Eurama dispose de bourses d’études qui permettent à des diplômés et des jeunes professionnels de tous les pays européens et de pays en développement à venir étudier la gestion des systèmes d’élevage pendant deux ans dans des universités en France, aux Pays-Bas et en Hongrie dans le cadre de ce mastère à triple diplôme.  Jo Cadilhon Agro-économiste, ILRIN.B. : Ce blog ne représente pas les positions officielles de l’Institut international de recherche sur l’élevage.  Photo: INP Toulouse Purpan -->